Mercredi, 25.Février

(Le Soir, ca. 19.00 h, assise derrière le volant)
Sur un camping juste derrière "Condamine". À 20 km avant la frontière de l'Italie. Il me semble être plus proche à Pierluigi. Mais d'aller en Italie du Nord, ce serait comme si Pierluigi allait à Munich pour se sentir plus proche à moi, quand moi, je suis à Kiel. Mais ce n'est pas toujours une question de km...j'ai déjà entendu qq gens parler l'italien. Je n'étais jamais en Italie... ce quand même étrange...
Le camping est serré dans une gorge très étroite est profonde, sur la "D900" qui mène vers le col de Larche - colla de la Maddalena, car cela est déjà en Italie.
Cet endroit ici est magnifique pendant la journée, maintenant, dans le noir, je me sens par contre presque menacée par les murs de montagnes noirs et hauts qui se dressent autour de moi et qui ne laissent qu'un petit toit d'étoiles juste en dessus.
Je me suis levée ce matin à sept heures et après une douche, un petit déj et une balade avec les chiens, je suis enfin partie à neuf heures.
Plein de joie et avec le coeur qui battait de l'enthousiasme, j' ai toujours suivie les Alpes devant moi, cachées dans la brume. Mais même en m'approchant de plus en plus, elles semblaient rester aussi loin qu'avant. Seulement jusqu' avant Digne, brusquement derrière une virage - elles étaient là, enfin plus proches. Saute de coeur! Je ne me suis pas arrêtée à Digne, mais j'ai toujours, toujours continué, le paysage devenant de plus en plus beau, vers le "Lac de Serre-Ponçon".
A "St Vincent-les-Forêts" j'ai enfin fait mon premier stop, pour manger une petite qqch et contempler en même temps le paysage. Celui m'a tellement euphorisée que j'ai décidé de continuer encore un peu autour du lac, vers le nord, sur la D 954 vers Savines-le-Lac.
Ce petit détour a bien pris deux heures. J'ai énervé tout le monde en roulant très lentement, en m'arrêtant toujours, pour regarder le paysage, pour observer qq plongeurs sur le lac (grèbe à cou noir ou grèbe castagneux). Ils étaient trop loin pour en être sûr...) Et puis, juste derrière une virage "Upps, qu'est c'est qu'c'est ça???"
Les "Demoiselles coiffées" déjà annoncées sur la carte sans que j'aie eu le moindre idée ce que cela pourrais bien être. (Photo). Cela a vraiment l'air bizarre, ces machins, hauts de trois à cinq mètres.

Le fond du lac et d'ailleurs bien bizarre. Plein avec de la vase noire en des formations striées et dégradées, comme si elle était coulée autrefois dans le lit et puis a été formée en plus par le courant d'eau. Je commençait en avoir mar et j'ai alors pris spontanément la petite route vers "Pontis" pour retourner. Ça montait sur un chemin "à une voiture" pendant bien 3 km en lacet, parfois encore couvert de neige, avec, comment cela aurait pu être différemment, une vue splendide, un milan noir, je pense, et la solitude totale. Je n'ai rencontré aucune voiture sur tout le chemin. Puis, de l'autre côté, je suis redescendue pendant ca. 5-7 km - encore pire en lacet et avec la vue encore plus splendide.
Ensuite, j'ai repris la route vers Barcelonnette, la D900, à travers d'une gorge énorme et vaste de la Durance qui arrive de là dans le lac. Cette gorge est magnifique e j'ai fait plein de photo. Et c'est là où j'ai fait pipi avec la vue la plus splendide

A environ quatre heures, je suis arrivée à Barcelonnette et je me suis dite qu'il faudrait peut-être commencer à chercher un camping pour la nuit. Je suis alors rentrée en ville pour chercher un office de tourisme, qui m'ont ensuite donné l'adresse du seul camping ouvert de Barcelonnette. Après avoir pris un café - le village est plutôt joli - j'ai trouvé le camping. Beurgh, c'était pas terrible...une catastrophe pour ne pas dire toute la vérité.
J'ai repris ma route en me disant que je pourrai toujours y retourner. La route vers le col de Vars et le col de Larche (colla de la Maddalena) s'est révélé comme encore plus impressionnante. Je l'ai toujours, toujours suivi comme en Hypnose jusqu'à Jausiers d'abord et puis, incertaine quoi faire, j'ai contemplé le panneau: "col de Vars 32 - col de Larche (Italie) 24" Je n'avais toujours pas vraiment toucher de la neige, seulement pu voir du en bas de la vallée. Je ne pouvais de toute façon plus faire demi-tour, psychologiquement, je veux dire. J'ai trop voulu poursuivre cette route superbe.
Et ainsi, je suis enfin arrivée ici, sur le camping de Condamine. Il n'est pas belle, mais joliment situé, enclavé dans cette gorge et pas du tout cher. 28 FF, la jeune dame dans la réception, qui m'a accueillie avec tant de curiosité que de gentillesse, n'a pas demandé de payer les chiens ou une "vraie" place. Seulement moi et la voiture.
Comme ensuite ma carte téléphonique s'est révélée épuisée, je suis retourner "en village" pour en acheter une nouvelle. J'ai eu la mère de Pierluigi qui me disait de retéléphoner vers neuf heures. Et en étant une fois là, j'ai pris la route D29 vers la station de ski de St Anne. 1800 m, - je ne regrette pas de ne pas avoir une grosse voiture, mais justement pour les montées, j'aimerais avoir une qui est plus puissante. Ou au moins une 4x4...Le bruit du moteur me fait mal au coeur et aux oreilles. Enfin, j'ai rejoint St Anne ...j'ai une forte envie de faire du ski....je me suis renseigné pour les prix: 130/demie journée et 150 FF/journée Lift, ski et chaussures, tarif étudiant. Pourquoi pas une fois? Je suis bien assurée, plein de courage et il y a une piste "très facile" entre 6 autres. J'ai encore passé un couche de soleil magnifique derrière les montagnes enneigées et puis, la redescende.
Il est presque temps de retéléphonerà Pierluigi maintenant. Et puis au sac de couchage. Il ferra quand même froid cette nuit mais je ne regrette pas être partie. C'est trop beau. Je voudrais tant que Pierluigi verrait tout ça. Je penses à lui toute la journée. Mais si je regrette qu'il n'es pas avec moi, c'est parce qu'on est si bien ensemble. Sinon, je suis vraiment bien, aussi seule avec mes deux conasses sur quatre pattes. Je me suffit...

(Photo)

Continuer