Jeudi, 26.Février

Dans un bar à Condamine devant un petit déjeuner qui va me coûter plus cher que la nuit passée sur le camping. Mais j'ai beau emporté avec moi la petite cafetière et le petit machin à gaz - sans feux, cela me sert à rien. J'y ai pas du tout pensé - autrefois, j'avais toujours du feux avec moi.
C'étaient les chiens polaires de traîneaux, les Huskies, qui m'ont réveillée ce matin. Ils font un drôle de bruit. Cela ne ressemble à rien de gémissement canin, mais plutôt à une bande de filles pubertaires qui rigolent: ".hihihihi" très aigue
Heureusement, les vitres commençaient déjà à dégeler - malgré le fait que le camping, à cause de sa situation dans la gorge, n'est jamais ensoleillé, et que donc il y fait encore plus froid. Après un acte de force, j'ai réussi à quitter mon sac de couchage et j'ai d'abord fait sortir les chiens. Puis, un "lavage de chat" dans ces installations sanitaires pas trop accueillantes et propres - après une nuit avec des températures en dessous de minus, 100 boeufs n'auraient pas me faire y prendre une douche - je suis venue ici pour prendre ce délicieux petit déjeuner avec un café à un goût de lave-vaisselle, des petits grillés durs et une confiture indéfinissable. Mais il faut bien manger qqch.
Ce matin, j'ai voulu faire du ski, mais Pierluigi me l'a "interdit" hier au téléphone....qu'est-ce que je fais maintenant au lieu? Continuer vers le col de Larche ou le col de Vars ou de prendre la route initialement prévue par la D908 vers Colmar?
C'est pour ça que je n'ai pas téléphoné le Mardi soir à Pierluigi pour l'annoncer que je veux partir pour les Alpes, en plein hiver, avec un Panda 750. Il es trop sérieux, au moins pour ce que MOI, je fais, et il aurait probablement réagit d'abord avec un "Mais tu es folle???" et je n'avais pas envie de me laisser gâcher mon euphorie de partir. J'ai préféré de le mettre devant les faits accomplis. Avec mon père, ce n'était pas un problème. Sa réaction était tout de suite:"Toll!..." Il me connaît et a l'habitude à ces genres de choses.
Bon, assez de ça. Et assez de ce triste petit déj - on the road again...

( ca. 13.00 h) Je suis près de Pra-Loup maintenant. Dans un café dans la neige à côté d'une station de ski tristement vide des skieurs, que j'ai rejoint en prenant un petit sentier forestier d'entraînement (couturé des panneaux "trottiner","slalom", "Amener les genoux à la poitrine" etc) à partir des grandes stations de ski de Pra-Loup, qui sont en contraste avec cette petite ici surpeuplées. Assise ici sur la terrasse, les chiennes bien sales de la neige et de la boue qui apparaît en dessous car elle commence à fondre la neige et non la boue ni une chienne), j'ai incroyablement chaud dans mes gros pulls, des collants en laine et mes pieds dans mes chaussures de marche sont déjà bien cuits. Uff.
malgré l'absence de skieurs, ce n'est quand même pas la solitude ici. Ce bar semble donner une boom pour des adolescents qui sont tous autour d'une longue table décorée et remplie de bouffe et le bar-keeper, avec 36 boucles d'oreilles et une drôle de capuche sur la tronche a mis la musique rap au fond. Doum!Doum!Doum! Quelle ambiance alpine....

Pra-Loup est l'endroit le plus moche que j'ai vu depuis le début de mon petit voyage. Bien sur dans un cadre génial, à une altitude de 1600 m, il consiste en un rassemblement des immeubles touristiques et hôteliers, un douzaine des lifts tous autours et des milliers de voitures. Terrible. Pour faire du ski, St Anne est cent fois plus sympa. Si je suis venue ici quand même - en fait, je m'imaginais cet endroit ainsi - c'est pour me balader en plus de sécurité dans une forêt peuplée et non dans un lieu aussi déserté que par exemple ce chemin d'hier près du lac, où je n'aurais pas osé de me promener seule. Cela sont les désavantages d'être seule.
Mais je ne veux pas me plaindre. Loin de ça. Le ciel est bleu azur, le paysage incroyable et je n'arrête pas de penser comme c'est beau. M'enfin, pour moi c'est la première fois que je suis dans les Alpes. L'impression que fait le paysage sur moi - en moi- semble toujours être plus forte et plus profonde quand je suis seule - semble plutôt logique - et ainsi, je ne regrette pas autant que Pierluigi n'est finalement pas là. Il vaut mieux qu'on retournera ensemble après.
Je continue la route...le rap commence à m'agacer.

(17.30) Digne, dans un café. Sur le retour, un peu forcé. Le chemin que j'ai voulu prendre - la D908 par la col d'Allos est fermé comme aussi celui qui passe par le col de la Cayolle. Un instant, j'ai réfléchi de prendre une route vers le Nord ou vers l'Est - mais je ne peux pas faire un tour si long, il faut quand même me remettre au boulot.
Il faut que je fasse fasse la D908 un jour ensemble avec Pierluigi.
Et je commence aussi à fatiguer. La nuit dans la voiture se fait remarquer depuis cet après-midi. J'ai dormi, même si au début, j'avais l'impression de ne pas pouvoir m'endormir à cause des images de la journée - les montagnes - qui remplissaient ma tête et qui se sont mêlés avec mes pensées à Pierluigi avec qui je venais de téléphoner, mais puis brusquement qq peu après, je dormais déjà. Mais évidemment, je n'ai pas bien dormi. Ce n'est pas un caravane de luxe. Mais aussi pour des raisons de responsabilité, je me suis souvent réveillée. Dès que je sentais un chien se bouger, je me suis réveillée pour remettre la couverture en dessus d'elles. Il faisait trop froid pour qu'elles aient pu dormir sans. Noblesse commençait à trembler dès que elle n'était plus couverte. Par contre, avec la couverture, elle accumulait beaucoup de chaleur...ce sont quand même pas de chiens polaires.
Le mec avec les huskies m'a d'ailleurs demandé le lendemain, si je ne voulais pas mettre les deux devant un traîneaux ..tu imagines Noblesse devant une luge? C'est plutôt un chien traînant qu'un chien traîneau.

Cet après -midi, encore à Pra-Loup, j'ai aussi essayé de faire un peu de "luge" avec un sac en plastic. Mais la piste était trop dure, presque de verglas pur et cela ne m'a apporté que des bleus et des fesses mouillées.

(20.30) A la maison. Je suis arrivée à Manosque avec les derniers rayons de soleil. J'ai encore été au Supermarché pour aller acheter qqch pour le "dîner" et donner le pellicule à développer. Je suis très, très fatiguée maintenant.
Ma tête est bourrée des images et impressions et je me rejoins de mon lit pour les repasser revue.
C'était un beau petit voyage; 400 km, presque pile

(Photo)

retour à la première page/ retour à la page d'acceuil